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Paneau Metilia en Egypte
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Portrait de Metilia

Ce livre, quatrième époque, racconte l'extraordinaire aventure de Métilia, la fille de Mélissa et Orgétorix. Après avoir perdu son enfant, une course folle à travers le pays des dieux de l'Egypte, va de nouveau rassembler Mélissa et sa fille. Elle doivent l'une et l'autre croire en leur soutient divin et à l'amour qui les réunira de nouveau. Là, dans le pays du sable et du vent, Jupiter et Ptha nouent un pacte d'amitié pour sauver leurs servantes et leurs filles.




Ostie

        La jeune Métilia admire les énormes navires marchands qui arrivent ou repartent du port, débordants de marchandises les plus variées, en provenance ou à destination de toutes les provinces de l'empire. Suivant un rythme presque régulier, ils entrent et sortent du grand port d'Ostie, quelle est donc leur destination, dans des pays inconnus pour elle, qui sont donc ces gens qui parcourent les mers, osant ainsi affronter cette immensité hostile, souvent soumise aux colères de Neptune.

    — Alors jeune fille ! Tu admire les bateaux ?

    Se retournant vers son interlocuteur, elle lui répond en souriant.

    — Oui, ils sont magnifiques, mais je me demande bien pourquoi ils ne coulent pas avec toutes ses marchandises qu'ils transportent ?

    — C'est un secret qui se trouve à l'intérieur des bateaux.

    — Ah Bon ! Et tu le connais toi, le secret ?

    — Oui bien sûr, mais c'est un secret, je ne peux pas te le dire.

    — Évidemment, je comprends, mais alors, comment le connais tu... le secret ?

    — Moi c'est pas pareil, je connais le secret qui est dans mon bateau.

    — Ah ! Tu as un bateau ?

    — Oui, un très beau bateau, avec un grand secret, tu veux le voir ?

    — Je voudrais bien, mais je ne peux pas, j’attends ici mes parents.

    — Tu attends tes parents ici ? Oui, bien sûr...

    

    *

    

    Après avoir réglé leurs affaires au port d'Ostie, Mélissa et Orgétorix sont de retour sur le quai.

    — Orgétorix ! Ou est Métilia ?

    — Ben... elle devrait être ici !

    — Avec tous ces marins qui rôdent, nous n'aurions pas dû la laisser seule, il faut la retrouver très vite.

    — Elle n'était pas seule non plus, rassure toi.

    D'un signe, Orgétorix rappelle son ami Honestus qui est en compagnie d'Astra, la jeune servante de Mélissa, et de Garulus, son garde du corps, ils pressent tous le pas. Depuis son voyage en Gaule, Mélissa tient à ce qu'Astra soit toujours avec elle, jeune adolescente, elle est une bonne compagne pour Métilia. Malgré la présence des deux gladiateurs, Orgétorix son époux et Honestus leur ami, elle souhaite que Garulus soit avec elle. Sa présence n'est pas un gage de plus grande sécurité, mais elle s'est prise d'affection pour lui, alors il bénéficie de privilèges.

    — Que se passe t-il ?

    Mélissa, montrant un inquiet visage hors de ses habitudes répond.

    — Honestus, j'ai peur, notre fille n'est plus ici ! Elle devait nous attendre.

    — Mince, il faut chercher autour des navires prêts à appareiller.

    — Aucun de vous ne l'a vu partir ? Et toi Honestus, tu n'as pas vu ma fille s'éloigner ?

    — Non Mélissa, tu penses bien, pourtant elle était encore là il y a seulement quelques minutes.

    — Elle ne peut pas être loin, nous sommes cinq. Non ! Quatre ! Astra tu restes avec moi ! Chacun son bateau. Il faut demander aux marins et aux esclaves qui charrient les marchandises, quelqu’un l'a forcément vue.

    — Allons y, on se retrouve ici dans trois clepsydres.

    Partant chacune et chacun de leur côté, la recherche de Métilia commence. Mélissa a soudain pensé que la jeune Astra ne doit pas circuler seule parmi tous ses marins, et surtout monter à bord, une fille perdue lui suffit. Elle se rappelle son aventure avec des marins en terre gauloise, elle a peur pour Métilia et elle craint de la retrouver morte et violée dans un fossé, ou jetée à la mer.

    Les trois hommes montent sur les ponts des bateaux et interrogent les capitaines, les contres-maîtres et les membres d'équipages, sans résultat. Que des fausses pistes, à chaque femme qu'ils arrivent à trouver, elle est employée ici, des esclaves pour la plupart d'entre elles. De leur côté, Mélissa accompagnée d'Astra fouillent les abords, derrière les buissons, entre les bateaux, elles n'arrivent à rien elles non plus.

    Où est donc passée Métilia ? Est-elle montée à bord d'un bateau ? Dans ce cas si elle tombe sur une bande de marins ivres de bière, ce n'est pas sa petite robe blanche qui va la protéger. Métilia à t-elle déjà été violée et tuée ? A cette pensée le cœur de Mélissa accélère, elle sent ses joues qui chauffent et rougissent. Son esprit refuse une pareille horreur, mais la réalité s'impose à elle comme une monstruosité insoutenable.

    

    *

    

    Environ trois clepsydres plus tard, le groupe se reforme, aucune piste sérieuse pour aucun d'eux. Pourtant il manque Garulus, où est-il passé ? Peut être a t-il fuit avec un bateau en partance pour un lointain pays en échange de sa liberté. Il peut bien avoir organisé la séquestration de la jeune maîtresse, et l'avoir vendue à un équipage pour prix de son voyage. Non, Mélissa ne peut non plus se résoudre à cette pensée, il est bien trop attaché à sa personne. Sans l'absolue confiance qu'elle lui accorde, il ne serait pas seul, libre et armé dans cette ville. Comme elle l'avait promis, Garulus et Astra ont été formés au maniement des armes, ils sont maintenant de bons adversaires potentiels et Mélissa a toute confiance en eux. De toute façon il ne partirait pas sans emmener Astra, ils vivent en couple depuis bientôt un an et il semble très épris de la jeune et belle esclave.

    Non, il n'a pas fuit, il arrive en courant.

    — As-tu des nouvelles ? Parle, vite !

    — Maîtresse... je ne suis pas sûr... mais des hommes disent l'avoir vue.

    — Bon, respire, mais dis moi où ils sont ?

    — Là-bas, dans le grand hangar, vers le gros bateau.

    — Allons y !

    Ils se dirigent tous vers le bâtiment tout de briques et de bois, et le pauvre Garulus ne peut reprendre son souffle. Heureusement, Orgétorix le tient par le dos de sa tunique de laine, à moitié soulevé du sol il avance sans peine.

    — Tiens, c'est lui qui l'a vue !

    — Eh ! Toi la bas, viens me voir ici !

    — Qui ? Moi ?

    — Oui toi ! J'ai à te parler.

    L'esclave ne connaît pas Mélissa, mais il reconnaît Garulus. Paralysé à la vue des deux gladiateurs Orgétorix et Honestus, il n'ose faire un pas. Leurs impressionnants physiques lui laissent à penser qu'il serait vite mis en pièce, alors autant répondre aux questions.

    — Maîtres, que voulez-vous savoir de moi?

    Mélissa s'approche de l'homme qui la dévisage, si on peut le dire, des pieds à la tête.

    — Est-ce toi qui a vu une jeune fille ici ?

    — Oui, j'ai vu une belle fille ici, elle a des cheveux comme toi, elle te ressemble également, en tout cas elle est aussi une très belle maîtresse.

    — C'est ma fille, où l'as tu vue la dernière fois ?

    — Ben là, elle suivait un marin.

    — Elle le suivait dis tu ?

    — Oui, elle semblait le connaître, en tout cas il ne la forçait pas a monter à bord avec lui.

    — Tu veux dire qu'elle est montée sur un de ces bateaux ?

    — Ben oui, c'est comme je te le dis.

    — C'est sur ce bateau là ? Devant nous?

    — Oh non ! Maîtresse, l'autre il est parti.

    — Depuis combien de temps est-il parti ce fichu bateau ?

    — Trois clepsydres, oui au moins trois.

    — Juste avant que l'on arrive. Et la jeune fille, elle n'est pas redescendue du bateau ?

    — J'en sais rien moi, je ne suis pas là pour veiller les filles des maîtres, j'ai ici un dur travail.

    — Orgétorix ! Que faut il faire ?

    Pour la première fois Mélissa est en panique, sa fille sur un bateau en route pour l'inconnu, un bateau plein de marins crasseux et violents, sa pauvre fille. L'équipage peut la violer sans retenue, chacun leur tour, et tous les jours que durera leur voyage, finalement ils n'auront qu'a la jeter à la mer lors de la dernière étape, ou la vendre comme esclave. Mélissa ne peut se résoudre à de telles pensées, elle va retourner le monde, mais elle va la retrouver. Orgétorix lui fait une proposition.

    — Je sais, nous allons au bureau des douanes, là on aura des renseignements sur ce qu'il convient de faire.

    — Allons y, vite !

    Le groupe se dirige vers le bureau qu'Orgétorix connaît de triste souvenir. Son aventure avec le juif qui voulait quitter Rome en toute discrétion a bien failli mal se terminer pour lui et Mélissa. Enfin ils arrivent au poste, un garde leur en interdit l'entrée. Mélissa s'approche de lui et demande à voir son supérieur, c'est une affaire urgente. Le brave gars ne résiste pas au longtemps au regard bleu comme la mer, de la belle blonde.

    — Ne bougez pas, je vais voir le chef.

    Après quelques minutes d'une interminable attente, un officier apparaît sur le seuil de la porte.

    — Qui ose me déranger en plein travail ?

    — Amicus, c'est moi !

    — Toi ? Qui toi ?... Vous ? Je crois rêver ! Mélissa et Orgétorix, que faites vous ici ?

    — Une terrible affaire.

    — Venez, entrez dans mon bureau.

    Les trois amis, suivis par leur deux serviteurs, pénètrent dans le bureau de l'officier Amicus, ici il y a de la lumière, chacun peut se voir. Amicus saisit la main de Mélissa et la porte à ses lèvres, il l'embrasse avec respect. Garulus et Astra n'en reviennent pas, leur maîtresse connaît vraiment tout le monde, et même cet officier qui lui baise la main.

    — Ma très chère Mélissa, depuis temps d'années, tu n'as pas changé du tout, tu es toujours aussi ravissante. Je n’oublie pas que je te dois la vie, et tu n'es pas par ici à la nuit tombante pour simplement me saluer, alors dis moi ce que je peux faire pour toi ?

    — C'est grave Amicus, ma fille Métilia, âgée de treize ans à été embarquée sur un bateau.

    — Dis moi lequel, je m'en occupe de suite.

    — Il est déjà en mer, pour on ne sait où.

    — Tu sais de quel bateau il s'agit ?

    — Un marin nous a indiqué qu'il transporte de l'huile d'olive pour l'Egypte.

    — S'il vient de partir, je sais de quel bateau il s'agit, vous avez de la chance.

    — De quelle chance me parles tu ?

    — Deux chances, la première c'est que je connais toutes ses escales prévues, et la deuxième c'est qu'il est plein au raz du bord, il ira lentement.

    — Lentement ? Et qu'est-ce que cela peut faire qu'il aille lentement, sinon que le calvaire de ma fille en sera lui aussi plus long.

    — Si on doit le poursuivre avec une trirème, il n'a aucune chance de nous échapper.

    — Tu crois qu'ils vont la garder à bord ?

    Amicus prend les épaules de Mélissa et la regarde droit dans les yeux.

    — Je fais fouiller le bassin pour voir s'il y a un corps de femme dans l'eau, dans le cas où on ne trouve rien, je fais armer un bateau rapide et on part à leur poursuite. Auparavant il me faut une autorisation de Rome, je fait partir un courrier dès maintenant, et si nécessaire, se sera toujours du temps de gagné.

    Mélissa est décomposée, elle ne tient pas en place. Pendant que des hommes fouillent le bassin à la lueur de torches pour éclairer entre les bateaux, Amicus a déjà envoyé son messager à Rome pour obtenir l'autorisation d'armer une trirème. Il l'envoie directement au Mont Palatin pour soumettre sa demande au prince, Mélissa lui a affirmé qu'il ne saura pas lui refuser son aide. L'air dubitatif, Amicus a obtempéré, lui il ne sait pas refuser à Mélissa.

    Après de vaines recherches, le corps de Métilia n'as pas été retrouvé, tout espoir n'est donc pas encore perdu, mais vont ils la retrouver vivante ? Et dans quel état ?

    Dans le plus court délai, un bateau ne partira pas avant demain, ils doivent retourner chez eux pour prévenir Métilia l’aînée et Marcus. Il faut préparer du matériel en vue d'un long voyage, et surtout se munir d'un coffre de pièces pour parer à tous leurs besoins. Cette nuit a connu un remue-ménage rarement observé chez Mélissa, en toute hâte ils ont rempli des malles de vêtements, puis également leur armement a été chargé. Métilia l’aînée et Marcus sont au cent coups, ils ne savent quoi faire dans une telle situation complètement imprévue. Astra et Garulus resteront pour s'occuper de la maison de leurs maîtres durant toute leur absence. Retrouvant ses esprits et son sens de l'organisation, Mélissa a fait promettre à Marcus de les affranchir ensemble et de leur donner de quoi vivre si jamais elle et Orgétorix ne revenaient pas de cette aventure qui les attend.

    Partis dès l'aube, ils attendent tous le messager de Rome. Enfin de retour en milieu de journée, le messager leur apprend que Rome a donné son accord. Tibère, le maître du monde des hommes garde un bon souvenir de Mélissa, sans penser qu'il lui doit beaucoup, il n'oublie pas ce qu'elle lui a confié un jour, dans son palais du Mont Palatin. Il ordonne que l'Officier Amicus prenne le commandement du bateau avec une troupe de dix prétoriens. Accompagnant son autorisation, un sauf conduit signé de sa main lui donne tous les droits pour mener cette affaire, avec ce document l'officier Amicus parle et agit au nom de l'empereur. En possession du précieux rouleau, Amicus recrute un groupe de dix prétoriens volontaires pour l'aventure, puis ils embarquent tous et le départ est donné sans plus attendre. Les cent soixante dix rameurs sortent rapidement le bateau du port, un vent favorable les pousse directement au large... La suite dans le tome 4 de mélissa: Métilia en Egypte.

Portrait de Nefertarie
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Dernière mise à jour:  13-07-2011